September 2010
M T W T F S S
« Jul    
 12345
6789101112
13141516171819
20212223242526
27282930  


Nos rencontres

Parmi les dizaines de personnes que nous avons rencontré, qui nous ont accompagné au long de notre périple, quelques rencontres ont été particulièrement marquantes…

David Patatsia.Animateur du Comité de défense des droits de la personne de Zugdidi, David vivait autrefois à Sukhumi, la capitale de l’Abkhazie sécessionniste. Militant acharné de la réconciliation entre Abkhazes et Géorgiens, David parie toujours sur le développement de la société civile. Accueillant, plein d’humour, malgré une vie parfois difficile, il est farouchement attaché à son identité mingrèle. Signe particulier : il croit beaucoup aux chances du Mexique à la Coupe du monde de foot…

Gülcay et Evrin Güney. Après des études à Istanbul, Ervin et Gülcay sont venus s’installer dans la vallée de Fırtına pour vivre au milieu de la nature et accueillir les visiteurs de passage. Cette vallée, l’une des plus belles de l’est de la Turquie, descend des montagnes vers la Mer Noire, non loin de Rize. Ervin, de père turc et de mère allemande, traduit Kafka en turc quand il n’est pas en train de pécher ou de construire de nouveaux gîtes. Gülcay traduit de l’anglais et attend un enfant. Le couple partage sa vie avec une chatte et un chienne particulièrement affectueuses. Un adresse précieuse pour les voyageurs : etevfikguney@gmail.com

Mesut Tufan. Cet ami journaliste a longtemps vécu à Paris. Il est revenu à Istanbul il y a quelques années. Coauteurs de plusieurs films, dont le magnifique Musulmans d’Europe, chrétiens d’Orient, Mesut ne cesse de rechercher avec passion les cultures, les religions, les traditions qui s’entrecroisent dans l’immense espace de l’ancien Empire ottoman et dans sa ville chérie d’Istanbul. D’une érudition sans faille, il sait tout de chaque quartier de la ville, presque de chaque maison, de chaque immeuble…

Fιrat Isbecer.Grand amateur de football et supporter inconditionnel du club de Galatasaray, Fιrat concilie le marketing dans une entreprise d’informatique et le journalisme sportif pour différentes radios et télévisions turques. Parfait francophone, une compétence linguistique sans doute héritée de ses études à l’université francophone de Galatasaray, mais certainement aussi de sa fréquentation des bars de Saint-Michel, à l’époque où il faisait ses études à Paris avec Laurent, Fιrat connaît Istanbul comme sa poche. Dans les rues tortueuses de Beyoğlu, il salue des connaissances, déniche les bonnes adresses et ouvre toutes les tables aux amis de passage.

Sinan Kavaz. Ce jeune avocat de Xanthi appartient à la minorité turque de Thrace occidentale (Grèce). Originaire des villages pomaks (slaves musulmans) des zones montagneuses de la région, la famille de Sinan illustre l’évolution sociale de la communauté : le grand-père de Sinan était paysan, son père ouvrier, lui-même a pu faire des études de droit à Istanbul. Après avoir vécu quatre années à Londres, Sinan est revenu à Xanthi, par attachement pour sa ville, mais aussi avec la ferme intention de faire évoluer la situation de la minorité « musulmane » de Thrace occidentale, dont le statut est toujours régi par les accords de Lausanne de 1923.

Katerina Roussou.Notre amie de l’île de Siros, le centre administratif des Cyclades. Peintre et décoratrice, Katerina tient un petit magasin dans le vieux village d’Ano Siro, qui domine la capitale de l’île, Ermoupolis. Passionnément attachée à Siros, elle organise, met en contact, non sans saluer toute nouvelle amitié en partageant force verres de chipouro, l’eau-de-vie grecque. Et quand vient le soir, la messagère des dieux de l’île arrive sur sa vieille moto pour nous emmener danser dans la montagne, au son des tambours traditionnels et des gaïtas, les cornemuses des Cyclades…

Alice Labarche.La directrice et chef d’orchestre de la Philarmonie municipale d’Ermoupolis vit en Grèce depuis 15 ans. Cette Grenobloise a quitté la France « pour découvrir un pays moins figé, où plus de choses sont possibles ». Elle est arrivé il y a trois ans sur l’île de Siros, convaincue d’avoir trouvé la bonne île, celle qui vit toute l’année, qui accueille et respecte les différences. Connue comme le loup blanc, Alice donne des cours de musique, crée des spectacles musicaux et remplit avec sérieux ses devoirs officiels : défilés patriotiques et fêtes religieuses. Une seule crainte règne dans toute l’île : pourvu qu’un jour, Alice ne quitte pas Siros !

Maria Cianciaruso. Cette jeune fille du village arbëresh de Carfizzi, en Calabre, étudie la linguistique et l’albanologie à l’Université de Cosenza. Cette excellente francophone est incollable sur les différents dialectes albanais d’Italie du Sud. Très attachée à la défense de la culture arbëresh, elle collectionne avec sa mère les vieilles photos illustrant des traditions en train de disparaître.

Andrea Luchetta. Jeune journaliste italien, Andrea est passionnément attaché à sa ville de Trieste. Il se rend régulièrement dans les Balkans depuis quelques années, en partie pour essayer de renouer les fils de son histoire personnelle : son père, journaliste à la RAI, a été tué en 1994 à Mostar, durant la guerre. Il collabore au Manifesto et au Fatto del giorno, des quotidiens très anti-berlusconiens, ainsi qu’au Courrier des Balkans. Signe particulier : Andrea ne se déplace jamais sans son inséparable compagnon canin, Stari, rencontré à Mostar.

Boris Pahor. Figure tutélaire de la communauté slovène d’Italie, Boris Pahor, 96 ans, est un des grands témoins du siècle : il a vu les fascistes incendier le Narodni Dom slovène de Trieste en 1920. Engagé dans la résistance, il a été déporté dans les camps nazis. Considéré comme l’un des plus grands écrivains slovènes et européens, il nous a reçu dans sa petite maison, qui domine le golfe de Trieste. S’il avait eu « seulement quelques années de moins », il serait bien parti avec nous…

Dinko Božanić. Marin, pêcheur et vigneron sur son île de Vis, en Croatie, Dinko enseigne également le cinéma à l’Académie de Split. Il a vécu une dizaine d’années en Italie, et partage désormais son temps entre l’île et la grande ville. Avec son père, il est très engagé dans la restauration de la Gajeta Falkusa Lisboa, le bateau typique du petit port de Komiža, avec lequel il a participé à de nombreux rassemblements de vieux gréements, notamment Brest 2000, 2004 et 2008. Son vin rouge produit sur l’île à partir du cépage Biševski Plavac se situe pour l’instant au top œnologique de notre voyage. Signe particulier : il a la réputation d’être un excellent cuisinier.

Milorad Govedarica. Vieux marin de Kotor, au Monténégro. A navigué durant 40 ans sur toutes les mers du monde, pour le compte, entre autres, de la Jugooceanija Kotor et des Messageries maritimes du Havre. Il occupe sa retraite à pêcher sur les quais du port, devant l’entrée de la vieille ville. Il a nous a offert un livre sur les plus hauts faits du sauvetage en mer yougoslave. Lui-même fut le héros d’une de ces aventures : le sauvetage d’un ferry grec

Mustafa Čanka. Journaliste à Ulcinj, où il est le correspondant de Monitor, l’illustre hebdomadaire d’opposition monténégrin, mais aussi de la Deutch Welle et de l’Osservatorio sui Balcani. Membre de la minorité albanaise du Monténégro, Mustafa a été le responsable local de l’Alliance libérale du Monténégro (LSCG), qui se battait pour l’indépendance du petit pays et un développement écologique, social et solidaire. L’Alliance libérale s’est opposée à toute les guerres des Balkans, tout en dénonçant la corruption et les accointances mafieuses du régime Djukanović. Également essayiste et écrivain, Mustafa, 41 ans, est très engagé dans la défense de la rivière Bojana. En plus de l’italien, il parle assez bien le français, qu’il a appris tout seul. Signe particulier : c’est un fan de Gilbert Bécaud.